Politique intérieure

Les élections de 2009

Les élections législatives moldaves du 5 avril 2009 ont été remportées par le parti communiste de Moldavie (PCRM), au pouvoir depuis 2001, qui a obtenu 60 sièges sur 101 au nouveau Parlement.

Seuls 3 partis de l’opposition libérale sont parvenus à franchir le seuil électoral de 6% : Parti libéral (15 sièges), Parti libéral-démocrate (15 sièges) et l’Alliance Notre Moldavie (11sièges). Selon l’OSCE, le déroulement des élections satisfaisait globalement aux standards démocratiques, en dépit des dysfonctionnements dans la conduite de la campagne (instrumentalisation des médias et des ressources administratives par les autorités en place ; pressions à l’encontre de l’opposition). L’opposition conteste ces conclusions et les résultats du scrutin, dénonçant les atteintes aux principes démocratiques, d’Etat de droit et des libertés fondamentales.

Face à l’ampleur des manifestations qui atteignent leur point d’orgue le 7 avril, le Président Vladimir VORONINE donne l’ordre de procéder au recomptage des voix. Effectué le 15 avril, ce recomptage confirme la victoire du PCRM. 

Le 13 mai, la majorité communiste désigne Vladimir VORONINE au poste de Président du Parlement.

Les députés de l’opposition, fermes dans leur contestation des résultats du scrutin, s’abstiennent alors de participer à l’élection du Président et du Premier ministre et de présenter des candidats à des postes Parlementaires.

Le PCRM échoue lors des deux tours de l’élection présidentielle (20 mai et 3 juin). La Cour constitutionnelle confirme cet échec et de nouvelles élections législatives sont fixées au 29 juillet 2009.

Des efforts pour renforcer la stabilité et l’efficacité des institutions

Les autorités se sont engagées ces dernières années dans le cadre du plan d’action UE-Moldavie à renforcer la stabilité et l’efficacité des institutions en garantissant la démocratie, la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; à consolider l’État de droit en promouvant la réforme des systèmes judiciaire et juridique afin de garantir l’indépendance de la justice ; à intensifier la lutte contre la corruption en liaison plus étroite avec le GRECO (Groupe d’États contre la corruption).

Pour autant, la Moldavie a continué de se heurter à des difficultés en matière d’indépendance et d’efficacité de la justice, de renforcement de la liberté et du pluralisme des médias, de consolidation de la démocratie locale, d’amélioration de la protection sociale, de lutte contre la corruption et les trafics (êtres humains, organes).

Le conflit en Transnistrie toujours gelé

Région à majorité russophone (550.000 habitants dont 60% de russophones), la Transnistrie a été en 1992 le théâtre d’un conflit armé - auquel la 14ème armée russe a mis fin - et demeure en sécession depuis cette date.

Ce conflit continue d’obérer le développement économique de la Moldavie (la Transnistrie représente près de 12 % du territoire, 15 % de la population et 30 % du potentiel industriel du pays) et se révèle une source de déstabilisation sur le plan régional.

Les autorités auto-proclamées de Transnistrie ont organisé le 17 septembre 2006 un « référendum d’autodétermination » à l’issue duquel une très large majorité (97,1 %) s’est prononcée en faveur de l’indépendance de la région et, partant, de son rattachement ultérieur à la Russie.

L’Union européenne a indiqué que cette consultation allait « à l’encontre de la souveraineté et de l’intégrité internationalement reconnues de la Moldavie » et qu’elle ne reconnaissait, tout comme pour le Conseil de l’Europe, l’OSCE et les Etats-Unis, ni la légitimité de cette consultation ni ses résultats.

Les premières négociations pour un règlement politique du conflit en Transnistrie ont débuté en 1997 dans le format à « 5 », associant les parties (Moldavie et Transnistrie) à trois médiateurs - la Russie, l’Ukraine et la Présidence en exercice de l’OSCE - et qui a été élargi depuis octobre 2005 à l’UE et aux Etats-Unis en qualité d’observateurs (format à « 5 + 2 »). Les négociations politiques officielles ne progressent guère depuis février 2006, en dépit de quelques avancées sur le terrain : rencontres informelles en format « 5+2 », première rencontre depuis 2001, avant tout symbolique, entre le Président VORONINE et le « Président » de la région indépendantiste de Transnistrie le 11 avril 2008, début des travaux de trois groupes de travail sur 7 (environnement, transports et aspects humanitaires et éducatifs) destinés à élaborer et mettre en œuvre les mesures de confiance et de sécurité proposées par le Président moldave en octobre dernier. Les facteurs de blocage persistent que ce soit du côté transnistrien, moldave ou russe.

Dernière modification : 26/09/2009

Haut de page